La maladie d’Alzheimer déstructure le sommeil

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La maladie d’Alzheimer commence par amplifier les modifications du sommeil liées à l’Age, puis les troubles s’aggravent.

Au début de la maladie, selon le Pr Anne-sophie Rigaud de l’hôpital Broca de Paris (Centre mémoire de ressource et de recherches d’Île-de-France), les anomalies du sommeil sont une amplification des modifications liées au vieillissement naturel. Puis la maladie dégénérative atteint un noyau du système nerveux central, le noyau suprachiasmatique, dont la fonction de donneur de temps est capitale. Sa destruction entraîne chez le malade une perturbation profonde du cycle veille-sommeil dont la manifestation la plus bruyante est l’inversion du jour et de la nuit. Au cours de la nuit, le malade peut ne pas dormir, il se lève, ne reconnaît plus sa maison, est perdu. Pendant la journée, en revanche, il somnole.

Quelle est la conduite à tenir avec le malade ?

L’entourage du malade s’attachera donc à marquer nettement la différence entre jour et nuit. Le jour, créer des ambiances lumineuses qui contrastent avec la nuit. Réaliser des promenades aux heures d’ensoleillement maximal, et proposer des activités adaptées aux goûts du malade qui agissent comme autant de “donneurs de temps”. L’instauration d’un rituel du coucher, du lever participe à cet objectif. Les réveils nocturnes peuvent devenir dangereux pour le malade et sont source d’anxiété pour l’aidant. Avant le coucher, les excitants tels que le café ou le thé sont à éviter. Afin de diminuer le risque de chute, l’aménagement de la chambre et des locaux requiert une attention particulière, avec une veilleuse, des interrupteurs suffisamment nombreux et fluorescents. Les chemins utilisés sont guidés par des signaux. Pendant les réveils nocturnes, la réassurance est de mise, accompagnée éventuellement d’une petite collation avant de se recoucher.

Le sommeil de l’aidant est, lui aussi, perturbé.

Les réveils nocturnes placent sur le qui-vive la personne qui s’occupe du malade. Les réveils nocturnes hachent la nuit. Elle ne parvient plus à se reposer d’une journée déjà très fatigante nerveusement et physiquement. Son sommeil, à son tour, se désorganise, et cela, d’autant plus que, elle aussi, prend de l’âge et subit les altérations du sommeil propres à l’âge. Ou encore que la dépression la guette.

Comment obtenir un retour à la normale pour l’aidant ?

Ne pas hésiter à faire des repos dans la journée pour récupérer un peu de la dette de sommeil qui s’accumule. Les structures qui accueillent le malade la journée donnent l’occasion à l’aidant de se reposer. Des structures capables d’accueillir des malades la nuit sont expérimentées. Très fréquemment, après le départ du malade pour une institution ou son décès, le sommeil de l’aidant reste altéré et sa récupération qualitative et quantitative est très difficile. Il s’agit d’une insomnie chronique conditionnée caractérisée par le facteur déclenchant (la surveillance intensive) et le facteur perturbant (l’attitude d’alerte ne s’estompe pas et chaque nuit, l’insomnie surgit). La première étape pour se défaire de ce conditionnement est d’en parler à son médecin. Il orientera vers un traitement adapté de plus en plus développé dans les consultations sommeil basé sur les approchez comportementales et cognitives.



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